A TRAVERS LES AGES

La 1ère mention du village date de la fin du XIIIème siècle. On ne sait pratiquement rien de ses origines. Il remonte probablement aux temps des invasions barbares et doit son origine à un établissement agricole dirigé par un chef burgonde.

Il y eut au Moyen Age une famille noble portant le nom de Raynans (Voillemenat de Raynans en 1304). D’autres seigneurs ont possédé des terres à Raynans, mais les familles disparaissent sans laisser de trace d’une maison-forte dans le village.

En 1429, le seigneur du moment vend à Henri de Franquemont une partie du fief avec des terres de Raynans, de St-Julien et de Présentevillers. Avec les Franquemont apparaît la bâtarde de la famille comtale de Montbéliard. Dès lors, Raynans a toujours fait partie du Comté de Montbéliard. La communauté fut affranchie de la mainmorte par la comtesse Henriette en 1431.

Au XVème siècle, fut créée à Raynans une juridiction locale ou « mairie ». Elle fonctionnera à partir de 1463 jusqu’en 1638. Vers 1531 cette juridiction fut réunie à celle de Montbéliard. C’est à cette époque que fut mis en place le consistoire paroissial de St-Julien qui joua un rôle de justice de paix.

Au XVIème siècle, Raynans fut ravagé pendant les guerres de religion par les troupes des Guise. En 1588, ils incendièrent 13 maisons du village et pillèrent le bétail.

Pendant la guerre de Trente Ans (1618-1648), le village reconstruit fut à nouveau ravagé et incendié (1636). La guerre amena la peste. Le village subit encore les exactions françaises de 1667à 1697. Il ne retrouva la paix qu’au XVIIIème siècle.

Le village devint français en 1793 et changea de 1793 à 1816, quatre fois de département et deux fois de canton. Le 1er cadastre établi en 1805 fut un des premiers du Pays.

Durant la guerre de 1914-1918, Raynans hébergea en partie la population du village alsacien de Pfetterhouse qui avait été conquis et évacué vers l’arrière.

A la fin de la Seconde Guerre mondiale, le village fut libéré (16 novembre 1944).

SOCIETE

Au début du XVème siècle, il faut imaginer Raynans comme un très petit village de 50 habitants à peine. Son développement fut lent puisqu’en 1543, on comptait 16 « maignies » équivalent à 80 personnes.

Les premiers patronymes apparaissent au XVème avec les Charpiot, Marchant, les Rigolot entre autres. Puis vers 1500, on note les Baisnier, les Surleau, les Rigoulot. Tous ces noms ont franchi les guerres, les épidémies.

En 1652 le village comptait une quarantaine de personnes. Il s’est reconstitué grâce à l’arrivée de colons suisses protestants francophones mais curieusement aucune de ces familles ne s’établit définitivement.

C’était bien entendu essentiellement des paysans ; ils travaillaient la terre selon les obligations de l’assolement triennal (les 3 pies) : la pie de l’Epenet, de la Perusse et des Pâles.

A la fin du XVIIème et début du XVIIIème , la population va poursuivre son essor : 66 habitants en 1698, 109 en 1709, 132 en 1723. Il faut noter que c’est une population jeune puisque la moitié a moins de 20 ans. La population augmenta peu (169 habitants en 1792). L’explication se trouve dans les difficultés d’existence et la mortalité infantile importante.

Au XVIIIème, il y avait à côté des laboureurs plusieurs artisans-paysans comme 2 tisserands, 2 tailleurs, 1 menuisier et 1 meunier. Le moulin banal était surveillé par le prince.

Au XIXème , la population augmenta de 1801 à 1851 et passa de 137 à 239 habitants. Mais malheureusement, le village s’est dépeuplé progressivement jusqu’en 1936 (97 habitants la population de 1700 !). La cause : l’exode rural pendant la seconde moitié du XIXème vers les usines Peugeot de Mandeure et Valentigney puis Montbéliard.

Dès 1909, la vie paysanne se transforme au profit de l’élevage bovin. La forêt a gagné sur les friches ; le moulin a cessé son activité.

Entre 1954 et 1982, on assiste à une remontée ; cette poussée est uniquement liée à l’industrialisation de l’aire montbéliardaise. La population a dépassé les 200 âmes. Grâce au ramassage usinier, on travaille chez Peugeot. De nouvelles habitations voient le jour.

Histoire religieuse

Avant la réforme, les habitants de Raynans dépendaient de la paroisse de Saint-Julien où se trouvaient l’église et le cimetière. En 1540, l’église devient un temple : le cimetière est utilisé jusqu’en 1834 date à laquelle fut ouvert le cimetière actuel route d’Echenans.

En 1560, le village possède une école primaire pour les garçons et les filles. Au cours du XVI ème siècle, plusieurs maîtres devinrent pasteurs. A la suite de la guerre de Trente Ans, l’école de St Julien recueillit les enfants de Raynans jusqu’en 1737 date à laquelle une nouvelle fut créée : 32 enfants y sont scolarisés. Ce chiffre resta constant durant le XVIIIème.

En 1834, l’école s’installa dans la nouvelle maison commune. Aujourd’hui, l’école fait partie du regroupement pédagogique de Sainte Marie. Plus aucune classe n’occupe l’école depuis la rentrée scolaire 2019/2020.

Blason communal

Taillé, au 1er de gueules à deux bars adossés d'or, au 2nd d'argent à la roue de moulin d'azur.

Lire un blason consiste à le décrire. En langage Héraldique le verbe utilisé est « blasonner », c’est-à-dire donner l’énumération complète de la composition d’un blason (description aussi brève que possible tout en restant très précis). 

      • « Taillé » renvoie au partitionnement en diagonal.
      • « Au 1er » et « au 2nd » pour la description des deux moitiés (en commençant en haut à gauche)
      • « de gueules à deux bars adossés d’or » = fond rouge avec deux poissons jaunes dos à dos. 
      • « d’argent à la roue de moulin d’azur » = fond blanc avec une roue de moulin bleue.

Toponymie

      • Raingnans (1295)
      • Renanz (1324)
      • Reynnans (1332)
      • Renans (1375)
      • Regnan (1411)
      • Raingnans (1571)
      • Raynnans (1593)
      • Rainans (1698)